Chronique

SUPERCOUPE D’ESPAGNE : REAL MADRID - SÉVILLE (3-5)

Le Séville n’a pas spéculé au Bernabéu. Il a donné une leçon de football au Madrid, avec une première mi-temps incroyable et une fin de match mémorable. Kanouté a fait un coup de chapeau et Renato les deux autres. Cinquième titre en moins d’un an et demi. Hallucinant et inoubliable.

Jugadores celebran la supercopa de España 2007

Cette rencontre était prometteuse. Il était évident que le retour allait être mouvementé. Mais, assurément, aucune personne sensée n’aurait parié pour une première mi-temps aussi vertigineuse, ni pour un match comme celui qui a été vécu. Le Bernabéu est ce type de terrain où il faut sortir pour jouer, cela ne sert à rien de se cacher car le Madrid finit toujours par vous tuer. Le Séville est sorti vers l’avant, recherchant le but, montrant les griffes, mordant les joueurs locaux. Si les merengues pensaient que l’ensemble de Nervión allait spéculer, à endurer le résultat du match aller, ils avaient tort.

Ce Séville puissant qui joue comme une machine, au style rouleau compresseur, n’a pas tardé à frapper. Il l’a fait grâce à une action de coup franc. Duda l’a mise sur la face, Poulsen a tiré, Casillas a dévié et le danois a repris le rejet et l’a cédé en arrière où Renato a tiré avec plaisir. Le Séville dévorait les blancs, tranquillement dans ce terrain où il avait soulevé un titre il y a peu de temps. Mais on ne peut rien donner au Madrid, ni un mètre. Drenthe l’a démontré avec un coup terrible qui a surpris Palop. Le stade s’engageait avec son équipe, mais ceux de Juande ne ne rapetissait pas. Pas de lâches. Le football est pour les courageux et le Séville a réagi en frappant fort, avec une tête parfaite, avec tous les temps inclus, de Renato par la passe depuis la droite de Duda. But et silence dans les gradins. Encore plus quand Pepe commettait un penalty avec une main claire et Kanouté battait avec sa passivité bénite un Casillas qui ne savait pas à ce stade où les foudres tombaient.

Equipo ganador de la Supercopa de España 2007
Juande Ramos sujeta la Supercopa de España
Daniel Alves en jugada Supercopa España 2007
Celebración gol jugadores Supercopa de España 2007

L’histoire était heureuse dans une première mi-temps pour s’en souvenir. Le Séville se plaisait, il contrôlait la situation. En revanche, les contretemps leur ont redonné une mauvaise passe aux andalous. Car le Madrid a réduit l’écart à nouveau dans une action isolée, à une minute de la mi-temps, avec une tête de Cannavaro, qui, de façon incompréhensible, était complètement seul dans une erreur terrible de la défense. On arrivait avec un surprenant 2-3 à la mi-temps.

À la reprise, le Séville a diminué l’intensité. Le Madrid était celui qui risquait sa peau. Les merengues sont sortis avec tout ce qu’ils avaient tandis que les andalous attendaient en arrière, contrôlant la situation à tout moment. Le jeu aérien, qui venait toujours de la gauche, était le chemin de l’attaque local prédominante. À quelques occasions, ils ont caressé le but, mais des fois le manque de précision et d’autre une intervention magnifique de Palop servaient pour continuer à développer la finale à mesure que les minutes passaient. Le match devenait difficile, Sergio Ramos montrait trop ses bottes sans être réprimandé. Les andalous ne devenaient pas fous, pas du tout, démontrant une grande cohérence en arrière, avec un Fazio spectaculaire, qui partageait le centre de la défense avec Poulsen, puisqu’à la mi-temps, Mosquera avait été remplacé par Keita.

Le Séville a donné une leçon de football au Madrid, avec une première mi-temps incroyable

La seconde mi-temps était brute. Il n’y avait pas de football car celui qui attaquait choisissait seulement à lancer des ballons. Les madrilènes faisaient pression de cette façon là et ainsi Sergio Ramos arrivait à égaliser à 3-3, dans une rentrée de faute. Il ne restait plus que douze minutes et ceux de Schuster avaient besoin de deux buts en plus pour remonter le titre. La panique à perdre tout le bon en un rien de temps a laissé percevoir sa présence par instants. Seulement quelques instants, car le Séville a redémontré sa puissance, sa race gagnante. Il faut juste que le Madrid les menace un peu pour que les joueurs de Nervión fassent preuve de leur supériorité. Avec le match nul, l’attaque est revenue. Daniel et Navas ont inventé une de leurs typiques actions par la droite, le brésilien l’a mise sur la surface et là Kanouté a gagné la bataille contre Pepe et Casillas pour envoyer le ballon dedans, avec aisance, faisant point final à un match qui allait déclencher encore une autre joie.

Le match a terminé ainsi, avec une agonie locale lente, avec les gradins du Bernabéu peu à peu dépeuplés, avec un Séville dansant avec le Madrid, avec ceux de Juande profitant du succès, savourant le titre, une fois de plus, cette fois contre le Madrid, avec deux victoires claires, rédigeant une autre page brillante dans l’histoire centenaire de Nervión, rendant encore plus grand les sept lettres que Séville compose, exaspérant Pepe qui s’auto-expulsait avec une entrée vilaine, marquant le cinquième, à nouveau avec plaisir, à nouveau Kanouté par une passe de Kerzhakov, le malien terminant avec un coup de chapeau qu’il ne pourra jamais oublier, fermant un sacrilège complet de Chamartín, une humiliation à part entière du Madrid, une autre soirée historique... À nouveau la grandeur, à nouveau le championnat, à nouveau la gloire, à nouveau une épopée, un 3-5 au Madrid, à nouveau marquant le rythme dans le football, à nouveau écrasant celui qui est devant, les vitrines deviennent petites, cinquième championnat. La splendeur. Qu’est-ce qu’elle est belle.

FICHE DE LA RENCONTRE

3. REAL MADRID CF: Casillas; Sergio Ramos, Cannavaro, Pepe, Miguel Torres (Guti, 46ème minute), Diarra, Sneijder (Baptista, 83ème minute), Robinho, Raúl (Saviola, 63ème minute), Drenthe et Van Nistelrooy.

 

5. SÉVILLE FC: Palop; Daniel, Mosquera (Keita, 46ème minute), Fazio, Dragutinovic, Jesús Navas, Poulsen, Martí, Duda (Kerzhakov, 70ème minute), Renato (Maresca, 80ème minute) et Kanouté.

 

BUTS: 0-1, 16ème minute : Renato. 1-1, 23ème minute : Drenthe. 1-2, 28ème minute : Renato. 1-3, 37ème minute : Kanouté, par penalty. 2-3, 45ème minute : Cannavaro. 3-3, 78ème minute : Sergio Ramos. 3-4, 81ème minute : Kanouté. 3-5, 91ème minute : Kanouté.

 

ARBITRAGE: Alberto Undiano Mallenco, de Navarre. Il a montré le carton jaune aux joueurs du Real Madrid Guti et Sergio Ramos, et aux joueurs du Séville Duda, Daniel, Maresca et Renato. Il a expulsé Pepe par double carton jaune à la 90ème minute.

 

INCIDENCES: Finale de la Supercoupe d’Espagne 2007, disputée le 19 août au Santiago Bernabéu (Madrid), devant 69 000 spectateurs environ. Avec 2 000 supporters du Séville FC.