Chronique

LIGUE EUROPA UEFA : SÉVILLE - SL BENFICA (0-0)

Le Séville s’impose lors d’une finale déchirante et exceptionnelle contre le Benfica dans la séance de tirs au but. Beto a pris la relève de Palop et a inscrit son nom dans l’épique avec deux arrêts décisifs contre Cardozo et Rodrigo.

El equipo celebra el título de UEFA 2014

La grandeur, on l’a ou on ne l’a pas. Le Séville, il l’a. Le Séville a démontré à nouveau qu’en Europe, il jouit d’une mystique spéciale, d’un caractère gagnant, d’un esprit indomptable, supérieur. Il avait un autre rendez-vous avec la gloire cette soirée-là. Les paris donnaient le Benfica gagnant, qui a joué pour gagner, mais qui a retrouvé l’emballage d’une équipe qui a rivalisé avec de l’épique, avec une défense sublime, propres des grands champions. La finale fut un match vibrant, riche en tension, avec les mérites pour les deux équipes. Il a fallu arriver aux penaltys pour résoudre un match mémorable qui a couronné un peu plus le Séville FC au sommet de l’olympe européen.

La première mi-temps était équilibrée, mais dans les statistiques, le Benfica gagnait, car si aucun des deux ne s’imposait, les portugais ont repoussé le plus, et surtout, ils ont obtenu des occasions plus claires. Il n’y a pas eu de clarté dans l’action portugaise, même s’il y avait des moments de sursaut pour l’équipe andalouse. En seulement cinq minutes, Fazio et Alberto Moreno avaient reçu un carton jaune et cela a enhardi le Benfica, qui aurait pu marquer dans la petite surface, mais un Puerta providentiel est apparu.

Malgré cela, l’équipe de Jorge Jesús était en difficulté lorsque le ballon arrivait à son terrain dans les pieds sévillistes. Sans rien pouvoir faire, les joueurs de Nervión laissaient entrevoir qu’ils pouvaient faire beaucoup s’ils étaient précis dans leurs actions. Ainsi, chez personne, la rencontre s’est déplacée jusqu’à la dernière ligne droite de la première mi-temps, lorsque le Benfica s’est lancé et Beto est apparu providentiel, d’abord détruisant un centre de Pereira et ensuite en s’imposant contre un tir de Rodrigo. Sans aucun doute, la mi-temps était la bienvenue pour les hommes de Unai.  

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La seconde mi-temps n’a pas donné un moment de répit. En trois minutes, Nico Pareja est devenu un héros et il a sauvé d’abord un but certain de Rodrigo et ensuite un autre de Lima. L’argentin devenait l’homme du match pour les siens et il leur donnait de l’air, car le Séville s’est refait et il a démontré qu’avec un peu de précision, il pouvait être fatal. Une passe de Rakitic que Reyes a manqué de culminer était le premier avertissement. Cette occasion a réactivé les andalous et le match est devenu beau, avec des alternatives. Les deux équipes ont largué les amarres et cela a amélioré le spectacle. Les arrivées se sont déclenchées pour les deux bandes. Pour le Séville, Bacca et Reyes ont effectué un contre très clair qu’ils n’ont pas su résoudre et une fois de plus, le joueur de Utrera a tenté un but avec un tir à la 61ème minute, mais que malgré son danger, a terminé dans les mains de Oblak.

Les arrivées du Séville ont commencé à devenir tellement fréquentes que l’équipe y a cru et il a mis le Benfica dans son terrain. Le bras de fer disputé semblait être dominé par l’ensemble de Nervión. Même comme cela, la finale était difficile car le Benfica, cette fois-ci en contre, montrait les dents et de quelle manière. Ainsi, avec un émouvant coup après coup, le match est entré dans la dernière ligne droite. Vitolo, particulièrement inspiré, amenait le danger à chaque passe, mais Beto ne relâchait pas son attention, car les arrivées portugaises étaient très claires. La finale était plus que passionnante. Marin remplaçait Reyes, mais à ces instants, la peur a commencé à frapper les intentions des joueurs des deux équipes. La 90ème minute se rapprochait et les risques se réduisaient, surtout de la part du Séville, qui s’est rendu compte qu’il était barricadé dans son terrain supportant un barrage du Benfica terrible jusqu’à ce que la prolongation providentielle est arrivée.  

La finale était plus que passionnante. L’incertitude était telle que le silence s’est imposé dans les gradins

Les joueurs du Séville ont pris de l’air et toute l’équipe, des accessoiristes aux techniciens se sont rassemblés avant de retourner sur le terrain pour résoudre leur chance avec la gloire. Mais le triomphe allait être vendu cher, trop cher. Jorge Jesús a remplacé Siqueira par Cardozo dans un changement offensif clair, et le paraguayen a testé Beto dès le premier ballon, avec une faute que le portugais a réussi à dévier. Bien meilleure fut celle de Carlos Bacca, qui dans un contre excellent a tiré trop haut dans son corps à corps avec Oblak. Tout de suite après, Emery a mis sur le terrain à Gameiro pour remplacer Marin qui a eu peu d’incidence. Sans plus, avec une énorme tension surtout, la rencontre est arrivée à la seconde partie de la prolongation. Vitolo n’a pas résisté plus et Diogo le remplaçait. Il ne restait plus que dix minutes et malgré que rien ne passait, tout pouvait encore arriver.

L’incertitude était telle que le silence s’est imposé dans les gradins dans une ligne droite où Bacca a souffert une tension dans la jambe et Mbia luttait contre ses blessures, souffrant comme les 22 joueurs sur le terrain et les quarante mille supporters des gradins du Juventus Stadium. Et nous sommes arrivés aux penaltys. Une nouvelle coupe de la UEFA sous le sort des onze mètres. C’était peut-être ce qui était le plus équitable dans une finale déchirante, où les deux équipes méritaient leur partie de succès, en rivalisant avec grandeur, d’abord, et de l’épique plus tard. La séance fatidique arrivait et ensuite Beto s’est déguisé de Palop. Le héros était un portugais, mais non pas du Benfica. 1-1 et Cardozo prenait le ballon pour exécuter sa sanction maximale. Le paraguayen doute et Beto l’avale. Mbía marque et dans la réplique, Rodrigo s’écrase à nouveau contre un Beto colosse. Coke fait le 3-2 et bien que Lima prolonge l’agonie des siens, Gameiro fait le coup de grâce avec un tir qui élève le Séville à l’orbite des plus grands, la sienne, celle des champions, des grands de l’Europe, mais qui surtout lui rend ce qui est à lui, sa coupe. Le Séville, un Séville grand, avec sa coupe, sa compétition, avec un rêve devenu réalité.

FICHE DE LA RENCONTRE

0. SÉVILLE FC: Beto; Coke, Pareja, Fazio, Alberto Moreno, Mbia, Carriço, Reyes (Marin, 78ème minute - Gameiro, 104ème minute), Rakitic, Vitolo (Diogo, 110ème minute) et Bacca.

 

0. SL BENFICA: Oblak; Maxi Pereira, Luisao, Garay, Siqueira (Cardozo, 98ème minute), Rubén Amorim, André Gomes, Nico Gaitán (Ivan Cavaleiro, 118ème minute), Sulejmani (André Almeida, 25ème minute), Lima et Rodrigo.

 

BUTS: Penaltys : Lima (but); Bacca (but); Cardozo (raté); M’Bia (but), Rodrigo (raté); Coke (but); Luisao (but); Gameiro (but).

 

ARBITRAGE: Felix Brych (AL). Il a montré un carton jaune à Fazio (10ème minute), Moreno (11ème minute), Siqueira (29ème minute), Coque (97ème minute), et André Almeida (99ème minute).

 

INCIDENCES: Finale de la Ligue Europa UEFA 2014/2015, disputée au Juventus Stadium de Turin le 14 mai 2015 devant 33 000 spectateurs environ.